Grand format · Mémoires d'enfance

Les cahiers d'Anne Marie

Récit et illustrations d'Anne Marie Pradel-Jorro · Diderot & Santraka

« Que de souvenirs merveilleux de vacances d'été dans un air brûlant ! avec cousins, cousines : quatorze en tout, plus les amis, dans une liberté rare… » · Anne Marie Pradel-Jorro, Les Jours Bonheur de Santraka.

Anne Marie Pradel-Jorro, petite-fille de Louis II Pradel, a laissé deux carnets manuscrits et aquarellés, dédiés à ses enfants et petits-enfants. Elle y raconte les étés passés chez ses grands-parents paternels, à Diderot puis à Santraka, dans l'Oranie des années 1930-1950. Chaque page mêle écriture penchée, aquarelles, photographies collées et souvenirs d'une enfance coloniale rythmée par la treille, la meule de paille, l'oued, les paons · et, parfois, les sauterelles. La page présente une sélection de doubles pages ; le fac-similé intégral des deux carnets est téléchargeable en PDF ci-dessous. Feuilleter le fac-similé complet (PDF).

Le premier carnet : « Le livre d'Anne Marie », Diderot

Le premier carnet, sobrement intitulé Le livre d'Anne Marie, se déroule à Diderot, village-oasis des hauts plateaux oranais où Louis II Pradel avait bâti son domaine agricole. On y descend « des hauts plateaux montagneux, par une route cahotique en lacets, de vingt kilomètres », pour rejoindre les grands-parents paternels. La grande treille, les grappes de muscat qui vont bientôt mûrir, la sieste sur le carrelage arrosé de grands seaux d'eau pour un peu de fraîcheur : ce sont les rituels d'un été d'enfance qu'Anne Marie note dans une écriture ronde, ponctuée de petites aquarelles.

« Au centre, la petite église du village que Méandréa a fait construire lorsque son fils aîné a miraculeusement guéri d'une méningite aiguë. Là, nous allons chanter de très beaux cantiques qu'elle nous a appris durant les longues siestes, les jours de canicule. Surtout le petit Pierre, le plus doué à la voix cristalline, qu'elle aime bien habiller en ange avec des ailes blanches. »

La ferme apparaît au détour d'un chemin, après quelques kilomètres d'oued et de garrigue. Anne Marie décrit les enfants du douar qui chahutent nus dans un bassin creusé par la rivière · l'un d'eux capture une couleuvre d'eau et la brandit pour affoler les plus jeunes · puis l'oasis de verdure qui se blottit derrière la colline, la ferme en fer à cheval, les paons dont les cris lancinants accueillent les visiteurs, et « le chaud parfum des foins juste coupés, l'odeur enivrante des jasmins ».

« Plus bas, dans une large mare formée par l'oued, les enfants du douar chahutent tout nus dans l'eau fraîche. L'un d'eux a coutume de nous couvrir d'eau qu'il brandit pour affoler les plus jeunes ! » · Le livre d'Anne Marie, page 12.

Le carnet accueille aussi les épisodes plus rudes : la grande meule de paille qu'on escalade par une échelle et qu'on effondre à moitié sous les cris des ouvriers, la sortie à cheval qu'il faut négocier avec les cousins garçons, la forêt sur la montagne où l'on cherche des sesterces romaines, la ruche et ses abeilles, et la volière que le grand-père a construite entre un caroubier et un grenadier, où il recueille « tous les oiseaux qu'il trouve, tombés d'un nid ou blessés, et les soigne ».

« Grand-père a construit une immense volière autour d'un caroubier et d'un grenadier. Lorsque les grenades bien mûres éclatent gorgées de jus sucré, les fauvettes, les abueles les picorent et s'en désaltèrent. »

Le livre d'Anne Marie · 23 pages manuscrites, aquarelles et photographies collées, non daté (années 1990-2000, à partir de souvenirs de vacances des années 1930-1950). Diderot, Oranie.

Le second carnet : « Les Jours Bonheur de Santraka »

Le second carnet, plus long · soixante-deux pages · porte un titre programmatique : Les Jours « Bonheur » de Santraka. Anne Marie le dédie « en hommage à mes grands-parents, à mes tantes, oncles, cousins cousines… pour mes enfants, petits-enfants… ». Le sous-titre, calligraphié en jaune, tient tout : L'été chez Méandréa.

Couverture du second carnet, avec une photographie de Louis II et Andréa Mage tenant un jeune enfant dans les bras, à Santraka.

Le voyage commence par la même descente que dans le premier carnet, mais Anne Marie l'aquarelle cette fois-ci en pleine page : la route en lacets qui plonge des hauts plateaux vers la vallée, un ruban jaune posé sur des collines vertes et bleues, avec deux flèches · « hauts plateaux » vers le nord, « Tiaret » vers le sud · et, au centre, la mention « Diderot, village-oasis de Méandréa et grand-père Louis ».

« En descendant des hauts plateaux montagneux, par une route cahotique en lacets, de vingt kilomètres, nous arrivons à Diderot, village-oasis de Méandréa et grand-père Louis. »

Comme dans le premier carnet, la treille ouvre la journée : « Nous arrivons chez nos grands-parents paternels. La vieille table est mise, à la fraîcheur de la large treille de vigne d'où pendent des grappes muscats qui vont bientôt mûrir. » La photographie collée sur la page · un repas de famille sous la vigne, une dizaine de convives, chapeaux de paille · dit l'ampleur des tablées estivales de la Smala.

« Nous arrivons chez nos grands-parents paternels. La vieille table est mise, à la fraîcheur de la large treille de vigne d'où pendent des grappes muscats qui vont bientôt mûrir. »

La volière revient, aquarellée cette fois avec davantage d'oiseaux · mésanges, fauvettes, chardonnerets · dans le caroubier et le grenadier ouverts. Anne Marie reprend le motif page après page, comme on reprend un refrain : le grand-père Louis y apparaît en filigrane, ornithologue amateur qui recueille les blessés et les orphelins de nid.

« Il y en a de toutes sortes… Lorsque les grenades bien mûres éclatent gorgées de jus sucré, les fauvettes, les abueles, les picorent et s'en désaltèrent. »

Le carnet enregistre aussi les grandes fêtes de la vie du douar. Anne Marie décrit la Nouba donnée par le caïd · chef administratif et judiciaire du canton · pour la khotba, les fiançailles de sa fille aînée : la famille Pradel y est invitée, on entend les youyous des femmes, le son sacré de la derbouka, et bientôt « monte à nos narines le délicieux fumet de l'agneau et des melfoufs qui grillent ». Elle colle sur la page un billet de cent francs de la Banque de l'Algérie et une photographie de son oncle Louis, « ausade au très vénéré oncle Louis ».

« Le caïd (chef administratif et judiciaire) du canton fait une grande Nouba pour la khotba (fiançailles) de sa fille aînée. Bien sûr il nous a tous invités. Au loin, nous entendons les youyous joyeux des femmes et le son sacré de la derbouka. Puis monte à nos narines le délicieux fumet de l'agneau et des melfoufs qui grillent. »

Le carnet se referme sur une image tenace, l'odeur de la confiture d'abricots qui cuit dans les grands chaudrons de cuivre · un parfum qu'Anne Marie dit garder « encore dans mes narines » quarante ou cinquante ans après. La dernière page porte la signature de l'auteure et la mention épreuve 8/27, comme une gravure numérotée.

« Ah ! la confiture d'abricots de Méandréa ! Elle cuit à gros bouillons dans d'énormes chaudrons de cuivre. Et ces délicieuses odeurs sont encore dans mes narines. C'est sûr, nous en aurons pour toute l'année ! » · Récit et illustrations d'Anne Marie Pradel-Jorro.

Sources : Le livre d'Anne Marie (23 pages, Diderot) et Les Jours « Bonheur » de Santraka (62 pages), carnets manuscrits et aquarellés d'Anne Marie Pradel-Jorro, petite-fille de Louis II Pradel. Fac-similé numérisé, communiqué à la Smala Pradel en 2026. Télécharger le fac-similé intégral (PDF).

Pistes pour la suite. Les carnets d'Anne Marie sont une source de première main sur la vie quotidienne à Diderot et à Santraka dans les années 1930-1950 : toponymie du domaine, prénoms des cousins, gestes agricoles, rites de voisinage avec le douar. Un travail de recension des cousins nommés (Pierre, Lou, Gaby, l'oncle Louisou, l'oncle Louis « très vénéré »…) permettrait de recouper cette mémoire d'enfance avec l'arbre généalogique de la branche Louis. Les aquarelles pourraient également être mises en regard des photographies aériennes de la ferme conservées par ailleurs sur ce site.

Transcription intégrale des deux carnets

Les deux carnets sont retranscrits ci-dessous mot pour mot, page par page. Les notes en italique décrivent l'illustration de la page.

Transcription établie à partir du fac-similé numérisé des deux carnets (épreuve 8/27). Le texte suit exactement le manuscrit, y compris ses graphies et ses tournures propres ; les passages interrompus en bas de page le sont dans l'original. La numérisation disponible est de résolution limitée : quelques mots restent d'une lecture incertaine et pourront être corrigés sur un scan de meilleure qualité.

Premier carnet · Le livre d'Anne Marie · Diderot · 23 pages

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Le livre d'Anne Marie, page 1

Au centre, la petite église du village que Méandréa a fait construire lorsque son fils aîné a miraculeusement guéri d'une méningite aiguë.

Là, nous allons chanter de très beaux cantiques qu'elle nous a appris durant les longues siestes, les jours de canicule.

Surtout le petit Pierre ! le plus doué à la voix cristalline, qu'elle aime bien habiller en ange avec des ailes blanches !

[illustration] Aquarelle représentant une petite église de village avec son clocher et un arbre à côté.

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Le livre d'Anne Marie, page 2

En descendant des hauts plateaux montagneux, par une route cahotique en lacets, de vingt kilomètres, nous arrivions à « Diderot » village oasis de Méandréa et grand-père Louis.

[illustration] Aquarelle de paysage (montagnes/plateaux, terre ocre et végétation) partiellement recouverte par un morceau de papier jaune collé.

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Le livre d'Anne Marie, page 3

Que de souvenirs merveilleux de vacances d'été dans un air brûlant !

avec cousins, cousines : quatorze en tout, plus des amis dans une liberté rare…

[illustration] Photographie noir et blanc d'un groupe d'enfants et d'adultes posant en extérieur, page décorée de petits papillons dessinés.

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Le livre d'Anne Marie, page 4

En arrivant, l'air embaume la forêt d'eucalyptus, qu'à l'entrée du village, l'arrière grand-père avait plantée pour assainir l'air et surtout faire écran aux rayons du soleil qui dardent !

[illustration] Aquarelle d'un sous-bois / forêt d'eucalyptus (troncs et feuillage vert-bleu), surmontée d'un soleil aux rayons jaunes le long desquels le texte est écrit en éventail.

Page 5 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 5

Nous arrivons chez nos grands parents paternels.

La vieille table est mise, à la fraîcheur de la large treille de vigne d'où pendent des grappes muscat qui vont bientôt mûrir.

[illustration] Photographie noir et blanc d'un repas de famille en extérieur sous une treille, collée sur fond jaune décoré de feuilles de vigne dessinées.

Page 6 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 6

Le déjeuner est plein de rires, surtout lorsque la pie apprivoisée vient piquer dans nos assiettes, même une petite cuillère qu'elle va déposer sur le toit !…

[illustration] Aquarelle de deux pies (oiseaux) posées sur un toit de tuiles.

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Le livre d'Anne Marie, page 7

Dès lors, les rayons dardent de plus en plus, et la sieste s'impose… sur le carrelage mouillé à grands seaux d'eau, pour un peu de fraîcheur !

[illustration] Aquarelle d'enfants jouant dans l'eau sur un sol carrelé de couleurs vives (motif de carreaux).

Page 8 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 8

Pour nous tenir « tranquilles » pendant les longues heures de canicule après le déjeuner, Méandréa nous orchestre mille jeux : charades, devinettes, chansons, histoires… tout en se délectant de la poudre de coco diluée dans une bouteille qu'on tente de garder au frais en l'emmaillotant d'un chiffon mouillé !

[illustration] Page essentiellement textuelle, avec un motif décoratif doré/jaune dans le coin inférieur droit.

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Le livre d'Anne Marie, page 9

Un peu plus tard, nous montons à la ferme du sage et tolérant oncle Louisou.

[illustration] Deux photographies aériennes noir et blanc superposées d'une ferme/hameau, collées sur papier jaune, avec le texte manuscrit sur une bande de papier également jaune.

Page 10 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 10

Nous traversons les blés d'or d'où s'envolent quelques alouettes, jusqu'à l'oued Lili, où nous pataugeons en…

[illustration] Double page avec une aquarelle bleu/jaune (ciel et champ de blé) en haut à droite et des photographies collées en bas à gauche ; texte manuscrit écrit verticalement de part et d'autre de la reliure spirale.

Page 11 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 11

…sons les blés d'or, ent quelques alouettes, d'li, où nous pataugeons en soulevant les galets pour trouver quelques crabes de rivière.

Demain, nous reviendrons ramasser l'argile de l'oued, pour modeler des personnages, animaux ou tout autre chose que nous ferons sécher au soleil !…

[illustration] Aquarelle d'un champ de blé doré traversé par un cours d'eau bleu, avec des oiseaux (alouettes) en vol ; en dessous, dessin de galets/cailloux avec des pinces de crabe rouges stylisées, le texte suivant la courbe du dessin.

Page 12 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 12

Plus bas, dans une large mare formée par l'oued, les enfants du douar chahutent tout nus dans l'eau fraîche. L'un d'eux a coutume de nous couvrir d'eau qu'il brandit pour affoler les plus jeunes !

Rattrapés par nos jeux d'eau, nous continuons notre chemin. Deux kilomètres plus loin, nous apercevons l'oasis de verdure, derrière la colline, où se blottit la ferme en forme de fer à cheval. Des paons mouvants et leurs « plumes » flamboyantes nous accueillent, ainsi que le chaud parfum des fleurs juste coupées et l'odeur enivrante des jasmins…

[illustration] Dessin / aquarelle d'un paon aux plumes déployées, entouré du texte manuscrit écrit en arc autour du dessin.

Page 13 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 13

« Chouette » ! La grande meule de paille domine de ses quatre mètres, debout sur son flanc une échelle, elle est presque entièrement montée et jusqu'au bout de l'ancienne aire de battage. Nous aimons ça comme un aimant ! Nous y grimpons les uns derrière les autres et plongeons dans la paille !

[illustration] Aquarelle représentant une grande meule de paille dorée avec deux silhouettes montant une échelle appuyée contre elle, un pin vert au premier plan et un ciel bleuté à l'arrière-plan.

Page 14 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 14

Les cris mécontents des ouvriers agricoles nous stoppent enfin, mais trop tard ! La meule est déjà à moitié effondrée !

Tante Gaby nous somme d'aller nous laver, nos jeunes peaux écorchées à force de sauter dans la paille ; nous brûlerons sous la douche ! Nous serrons les dents et ne pipons mot car nous craignons une punition bien méritée !…

[illustration] Photographie noir et blanc collée (encadrée de jaune) montrant des bovins / bœufs dans un champ.

Page 15 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 15

Ce soir nous dînerons de pintades ou de tiwa'ra (« ragoût ») plat préféré de Toukwa (la fidèle) qui nous en fera manger tous les jours ! et aurons des grenades juteuses, écaillées en salade de fruits…

Nous dormirons sur des matelas. Bientôt : les filles d'un côté, les garçons de l'autre. Et malgré nos fous rires de l'un et de l'autre, nous nous endormirons vite…

[illustration] Dessin aquarellé d'un oiseau (échassier / grue) en haut à droite et d'une nature morte de grenades ouvertes en bas de page.

Page 16 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 16

« Dutin, dompteur de la course avec Jockey »

Demain, nous lèverons-nous avant les garçons pour arriver avant tout le monde à l'écurie ; il n'y a pas assez de chevaux pour tout le monde, nous choisirons soigneusement le magnifique pur-sang « Dutin » que seul le cousin Lou arrive à dompter et à monter à cru.

[illustration] Photographie noir et blanc (encadrée de rouge / marron) d'un homme tenant des chevaux ; motifs décoratifs en forme de sabots et de silhouettes de chevaux au galop dans les marges.

Page 17 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 17

Nous filerons vers la forêt sur la montagne où nichent plein d'oiseaux, et où jaillit une ruisselante cascade au milieu de quelques vestiges romains.

Là, nous inventerons mille aventures, et peut-être aurons-nous la chance de trouver quelques pièces des orfèvres avec un beau visage d'Auguste ! ou de Justine… aux deux visages !…

[illustration] Aquarelle d'un paysage montagneux rocheux avec un poteau / croix en bois planté au premier plan ; silhouettes de petits chevaux bleus décoratifs en marge.

Page 18 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 18

Après le déjeuner, nous échappons doucement pendant la sieste sur le tapis des orangers pour lire en cachette des livres interdits ! Cette lecture pas défendue à notre âge… qui craque et qui nous effraie…

[illustration] Page en papier translucide (calque / vélin orangé) portant uniquement du texte manuscrit ; on aperçoit par transparence le texte et une partie d'un dessin d'oiseau de la page suivante.

Page 19 / 23
Le livre d'Anne Marie, page 19

Mais le lendemain, l'atmosphère est lourde, le ciel est noir, des cris fusent partout : les sauterelles ! les sauterelles !

Elles s'abattent sur les plantes, les arbres et les dévastent jusqu'au squelette !…

C'est l'horreur ! Quel désastre ! Le jardin de Tante Gaby qu'elle soigne avec amour est dévasté en quelques minutes ! plus de fleurs, plus de légumes, plus rien !

[illustration] Aquarelle abstraite aux teintes brunes, ocres et grises évoquant un nuage sombre ou une nuée dévastatrice.

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Le livre d'Anne Marie, page 20

Heureusement, le vent tourne… Les hommes courent mettre le feu dans les chaumes pour espérer stopper cette vague monstrueuse de milliards d'insectes qui arrive du Sahara…

Sur le chemin du retour, vers le village, nous ramassons des criquets grillés dans les branches des arbrisseaux. Nous dominons la plaine, c'est un mini feu d'artifice. L'odeur âcre des chaumes qui brûlent nous pique la gorge.

[illustration] Dessin de sauterelles / criquets en haut à gauche et photographie noir et blanc d'un groupe familial (enfants) collée en bas à droite, sur fond vert.

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Le livre d'Anne Marie, page 21

Aujourd'hui Grand-père Louis cueille sans protection le miel de ses ruches. Les abeilles le connaissent et ne le piquent pas !

Paul arrive en courant pour les taquiner ! Horreur… des cris ! Il s'est fait attaquer ! Son visage gonflé à vue d'œil est… méconnaissable.

[illustration] Aquarelle en forme de rayon de miel hexagonal avec une abeille sur les alvéoles, décor de petites abeilles dorées en pochoir autour du texte.

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Le livre d'Anne Marie, page 22

Grand-père le console en lui donnant à sucer le miel de la ruche. Quel délice !

Bien sûr à nous aussi ! On l'aide à extraire pour en exprimer tout le miel sucré.

On fera, ensuite, avec la cire, en encerclant une mèche, des petits sujets et des bougies alvéolées plaquées de cire de couleur.

Et quand nous les allumerons à la veillée, leur parfum subtil nous fera rêver aux mille fleurs butinées.

[illustration] Aquarelle d'une abeille butinant une grande fleur rouge (pavot ou rose), avec deux morceaux de cire d'abeille dorée peints de part et d'autre du texte.

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Le livre d'Anne Marie, page 23

Grand-père a construit une immense volière autour d'un caroubier et d'un grenadier. Il y installe tous les oiseaux qu'il trouve : tombés d'un nid ou blessés. Il y en a de toutes sortes…

Lorsque les grenades bien mûres éclatent, gorgées de jus sucré, les fauvettes, les abueles les picorent et s'en désaltèrent.

[illustration] Aquarelle représentant un grenadier chargé de fruits rouges et un arbre vert touffu, avec plusieurs petits oiseaux posés sur les branches.

Second carnet · Les Jours « Bonheur » de Santraka · 62 pages

Dédicace : en hommage à mes grands-parents, à mes tantes, oncles, cousins cousines… pour mes enfants, petits enfants… L'été chez Méandréa…

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 1

Les Jours « Bonheur » de Santraka

L'été chez Méandréa…

[illustration] Couverture en carton kraft du carnet spiralé, avec une étiquette imprimée du titre collée en haut et, au centre, une photographie noir et blanc d'un homme âgé, d'un bébé et d'une femme âgée.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 2

Les Jours « Bonheur »

en hommage à mes grands-parents,

à mes tantes, oncles, cousins cousines…

pour mes enfants, petits enfants…

L'été chez Méandréa…

[illustration] Page de titre : trois épis de blé dessinés le long desquels serpente la dédicace manuscrite, avec la même photographie noir et blanc (couple âgé et bébé) que sur la couverture, et une tache d'aquarelle jaune en bas à droite.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 3

En descendant des hauts plateaux montagneux, par une route cahotique en lacets, de vingt kilomètres, nous arrivons à « Diderot » village oasis de Méandréa et grand-père Louis.

[annotations en marge : hauts plateaux, Tiaret] [onglet en marge : Diderot]

[illustration] Aquarelle représentant un paysage de montagnes (tons bleu-vert et ocre) traversé par une route sinueuse jaune descendant vers la vallée ; onglet manuscrit « Diderot » en marge gauche de la page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 4

Que de souvenirs merveilleux de vacances

d'été dans un air brûlant !

avec cousins, cousines : quatorze en tout, plus les amis

dans une liberté Rare……

[illustration] Grande photographie noir et blanc d'un rassemblement familial nombreux en extérieur (adultes et enfants posant en groupe), page décorée de petits papillons dessinés.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 5

En arrivant, l'air embaume la forêt d'eucalyptus à l'entrée du village, que l'arrière grand-père avait plantée pour assainir l'air et surtout faire écran aux rayons du soleil qui dardent !

[illustration] Double page : à gauche une aquarelle de troncs d'eucalyptus dans une forêt, à droite un soleil rayonnant dessiné en jaune autour du texte manuscrit.

Page 6 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 6

Au centre, la petite église du village que Méandréa a fait construire lorsque son fils aîné a miraculeusement guéri d'une méningite aiguë.

Là, nous allons chanter de très beaux cantiques qu'elle nous a appris durant les longues soirées, les jours de canicule.

Surtout le petit Pierre, le plus doué à la voix cristalline, qu'elle aime bien habiller en ange avec des ailes blanches !

[illustration] Dessin aux crayons de couleur représentant une petite église de village avec son clocher et un grand arbre à côté.

Page 7 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 7

Musique : « La cloche au village… »

[illustration] Portée musicale manuscrite avec notes de musique, tachée d'aquarelle jaune / orange, et petites croches dessinées en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 8

et paroles :

La cloche au village

Tinte doucement

comme le langage

d'un petit enfant…

Ave Maria

Car vous êtes ma mère

ma tendre mère

A~ave Maria…

[illustration] Dessin d'une cloche suspendue à un support stylisé turquoise, avec les paroles manuscrites de la chanson « La cloche au village ».

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 9

Nous arrivons chez nos grands parents paternels.

La vieille table est mise, à la fraîcheur de la large treille de vigne d'où pendent des grappes muscats qui vont bientôt mûrir.

[illustration] Photographie noir et blanc d'un repas familial en extérieur, autour d'une table sous une treille, entourée d'un cadre jaune décoré de feuilles de vigne dessinées.

Page 10 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 10

Le déjeuner est plein de rires, surtout lorsque la pie apprivoisée vient piquer dans nos assiettes, même une petite cuillère qu'elle va déposer sur le toit !…

[illustration] Aquarelle représentant un toit de tuiles et une façade rustique, avec deux pies (oiseaux) en vol dessinées au premier plan.

Page 11 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 11

Dehors, les rayons dardent de plus en plus, et la sieste s'impose… sur le carrelage mouillé à grands seaux d'eau pour un peu de fraîcheur !

[illustration] Aquarelle sur fond de carrelage en damier coloré (ocre, orange, bleu-gris) : sept enfants assis en cercle dans une grande flaque d'eau bleue, texte disposé en éventail circulaire autour d'eux.

Page 12 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 12

Pour nous tenir « tranquilles » pendant les longues heures de canicule après le déjeuner, Méandréa nous orchestre mille jeux : charades, devinettes, chansons, histoires… tout en se délectant de la poudre de coco diluée dans une bouteille que l'on tente de garder au frais en l'emmaillotant d'un chiffon mouillé !

Mon 1er est le contraire de froid

mon 2e est le début de coeur

mon 3e est une note de musique

mon tout est trop bon !

Mon 1er est le cri quand tu as peur

mon 2e est un fromage

mon 3e est le cri de la poule

mon tout est un fruit

[illustration] Deux petits collages / dessins sur triangles ocre : à gauche des fruits secs marron découpés (charade « chocolat »), à droite une branche de petits fruits oranges peinte (charade « abricot »).

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 13

(page sans texte manuscrit)

[illustration] Photographie aérienne en noir et blanc d'une ferme / domaine agricole : plusieurs corps de bâtiments aux toits en pente, cour centrale et dépendances.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 14

…vont les blés d'or, chantent quelques alouettes, [ou]dilili, où nous pataugeons en soulevant les galets pour trouver quelques crabes de rivière.

Demain, nous reviendrons ramasser l'argile de l'oued, pour modeler des personnages, animaux et tortues, tout ce que nous ferons sécher au soleil !…

[illustration] Aquarelle d'un champ de blé doré avec des oiseaux (alouettes) volant, accompagnée d'un dessin au crayon de galets décorés en forme de crabes (pinces rouges).

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 15

Plus bas, dans une large bassine formée par l'oued, les enfants du douar chahutent tout nus dans l'eau fraîche. L'un d'eux a capturé une couleuvre d'eau qu'il brandit pour affoler les plus jeunes !

Affranchis par nos jeux d'eau, nous continuons notre chemin. Deux kilomètres plus loin, nous apercevons l'oasis de verdure, derrière la colline, où se blottit la ferme en forme de fer à cheval.

Les paons nous ont vus et leurs cris lancinants nous accueillent, ainsi que le chaud parfum des foins justes coupés, et l'odeur enivrante des jasmins…

[illustration] Dessin à l'encre d'un paon faisant la roue, dans la marge gauche de la page de texte.

Page 16 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 16

« Chouette » ! La grande meule de paille est presque entièrement montée et domine de ses quatre mètres de haut l'ancienne aire de battage. Une échelle debout sur son flanc, la dépasse, elle nous attire comme un aimant ! Nous y grimpons les uns derrière les autres et plongeons dans la paille ! Quel bonheur !

[illustration] Aquarelle d'une grande meule de paille dorée entourée de cyprès, avec une échelle appuyée contre elle et des enfants y grimpant.

Page 17 / 62
Les Jours Bonheur de Santraka, page 17

Les cris mécontents des ouvriers agricoles nous stoppent enfin, mais trop tard ! la meule est déjà à moitié effondrée !

Tante Gaby nous somme d'aller nous laver, mais nos jeunes peaux écorchées à force de sauter dans la paille, nous brûlent sous la douche ! Nous serrons les dents et ne pipons mot car nous craignons une punition bien méritée !…

[illustration] Photographie noir et blanc d'une meule de paille effondrée sur un côté, avec des ouvriers agricoles et un attelage à proximité ; motif de petites empreintes de pas dessinées en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 18

Ce soir nous dînerons de pintades ou de « H'aïra » (« ragoût ») plat préféré de Toubsia (la fidèle) qui nous en ferait bien manger tous les jours ! et aussi des grenades juteuses, succulentes en salade de fruit.

Nous avons la mission de les égrener et nous en profitons pour nous barbouiller de pourpre

Nous dormirons sur des nattes.

Bien sûr : les filles d'un côté, les garçons de l'autre. Et malgré nos fous rires, nous nous endormirons très vite…

[illustration] Aquarelle d'une pintade et d'une branche de grenades ouvertes, avec un motif de petites empreintes de pas en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 19

« Lutin » vainqueur de la course avec son jockey

Demain, nous nous lèverons à pas de loup pour arriver avant les garçons à l'écurie : il n'y a pas assez de chevaux pour tout le monde, nous laisserons seulement le magnifique pur-sang « Lutin » que seul le cousin Lou arrive à dompter et à monter à cru.

[illustration] Photographie noir et blanc d'un homme montant à cheval dans un paysage de collines ; motifs de fers à cheval et de silhouettes de chevaux au galop dessinés en marge et en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 20

Nous filerons vers la forêt sur la montagne où nichent plein d'oiseaux, et où jaillit une ruisselante cascade au milieu de quelques vestiges romains. Là, nous nous inventerons mille aventures, et peut-être aurons-nous la chance de trouver quelques pièces des sesterces avec un beau phénix ou peut-être le visage d'Auguste ou de Justine ! ou alors Janus aux deux visages !…

[illustration] Aquarelle de rochers et d'une cascade au milieu de la végétation, avec une frise de petits chevaux au galop en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 21

Après le déjeuner, nous nous éclipsons doucement pendant la sieste, sur le toit des granges pour lire en cachette les livres interdits !…

(Tartarin illustré par Dubout, etc.)

tout près d'un nid de cigognes qui craquettent sur un rythme effréné et à qui nous ne…

[illustration] Aquarelle en camaïeu sépia / orangé représentant une cigogne (ou héron) au premier plan et des oiseaux en vol en arrière-plan.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 22

Mais le lendemain l'atmosphère est lourde, le ciel est noir, des cris fusent partout : les sauterelles ! les sauterelles !

Elles s'abattent sur les plantes, les arbres et les dénudent jusqu'au squelette !…

C'est l'horreur ! Quel désastre ! Le jardin de Tante Gaby qu'elle soigne avec amour est dévasté en quelques minutes ! plus de fleurs, plus de légumes, plus rien !

[illustration] Aquarelle abstraite aux tons sombres et orangés évoquant un ciel lourd et une terre dévastée par une invasion de sauterelles.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 23

Heureusement ! le blé est rentré…

Les hommes courent mettre le feu dans les chaumes pour essayer de stopper cette vague monstrueuse de milliards d'insectes qui arrive du Sahara.

Sur le chemin de retour vers le village, nous restons muets devant ces spectacles des bruits incandescents. Nous dominons la plaine c'est un vrai feu d'artifice. L'odeur âcre des chaumes qui brûlent nous pique la gorge…

[illustration] Photographie noir et blanc d'un groupe d'enfants assis sur une remorque ou un camion, avec un petit dessin de sauterelle en haut de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 24

Aujourd'hui Grand-Père Louis cueille sans protection le miel de ses ruches. Les abeilles le connaissent et ne le piquent pas !

Paul arrive en courant pour les taquiner ! Horreur… des cris ! Il s'est fait attaquer, son visage gonfle à vue d'œil… il est… méconnaissable

[illustration] Aquarelle représentant des abeilles sur des rayons de miel en nid d'abeilles, avec de petites abeilles dorées décoratives.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 25

mon frère cadet l'a… eu, trop cherché !

[illustration] Aquarelle représentant un homme (le grand-père) s'occupant de plusieurs ruches dans un verger.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 26

Grand-père le console en lui donnant à sucer le nectar, pain de cire. Bien sûr à nous aussi ! Quel délice !

On l'aide à… pour en extirper de la ruche, presser les alvéoles tout le miel sucré.

On fera, ensuite avec la cire, en enroulant autour d'une mèche des petits sujets et des bougies plaquées alvéolées de coton.

Et quand nous les allumerons à la veillée, leur parfum subtil nous fera rêver aux mille fleurs butinées…

[illustration] Aquarelle d'une abeille posée sur une grande fleur rose, accompagnée de morceaux de rayon de miel doré peints / collés sur la page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 27

Grand-père a construit une immense volière autour d'un caroubier et d'un grenadier. Il y installe tous les oiseaux qu'il trouve : tombés d'un nid ou blessés. Il les soigne.

Il y en a de toutes sortes.

Lorsque les grenades bien mûres éclatent gorgées de jus sucré, les fauvettes, les abueles les picorent et s'en désaltèrent.

[illustration] Aquarelle représentant une volière construite autour d'un caroubier et d'un grenadier, avec divers oiseaux perchés dans les branches.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 28

Aujourd'hui Samedi nous allons fleurir avec Méandréa l'autel de la vierge à l'église. Puis nous allons chez Barnabé pour acheter une poignée de caramba que nous emballerons dans un cornet de gros papier bis…

[illustration] Aquarelle représentant une grappe de fleurs blanches avec un soleil doré dans le coin supérieur gauche ; le texte est disposé en arc de cercle autour du dessin.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 29

Après avoir sucé nos longs caramels, nous récupérons l'emballage de gros papier bis pour nous fabriquer des… cigares ! Nous découpons des lanières que nous bourrons de feuilles d'eucalyptus et nous les allumons… en cachette bien sûr !

Nous nous donnons des airs de personnages très importants. Les volutes bleues de la fumée odorante montrent ce parfum mentholé nous grise un peu en nous suggérant des mondes éphémères.

[illustration] Croquis à l'encre noire et rouge évoquant des volutes de fumée, sans autre illustration colorée sur la page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 30

« Des filles ! à la rentrée vous aurez l'empire romain au programme, dit tante Gaby, je vous propose que nous changions un peu d'air ! si nous allions au bord de mer visiter les ruines de Tipasa, et aussi Cherchell ! »

Tante Gaby est une érudite qui tente de nous communiquer son goût pour l'art, la littérature, l'histoire etc…

[illustration] Aquarelle d'un coucher de soleil sur la mer, avec des rochers ou une falaise sombre en silhouette, et une petite pierre collée en bas à droite de la page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 31

Tipasa

Assises négligemment

sur la mosaïque !

…sur les restes d'un môle.

[illustration] Page de photos noir et blanc de ruines romaines côtières et d'une pièce de monnaie ancienne, avec deux enfants assis sur une mosaïque et un groupe debout sur un rocher au bord de la mer, à Tipasa.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 32

Aussitôt dit, aussitôt fait !…

Surtout ne pas oublier son maillot.

Partis tôt le matin, nous arrivons à l'heure du déjeuner aux gorges de la Schiffa. Nous nous arrêtons pour pique-niquer près de la magnifique cascade : au « Ruisseau des Singes »…

Gorges de la Schiffa

[illustration] Aquarelle représentant des gorges verdoyantes avec une rivière serpentant entre des collines, accompagnée de petits dessins de libellules.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 33

Nous nous installons dans ces lieux sauvages. Nous sommes vite repérées et encerclées par de nombreux macaques qui réclament avec des claquements de dents, quelques gourmandises.

Attention aux chapardeurs ! surtout les plus jeunes très habiles ! Ça y est l'un d'eux m'a piqué mon oeuf dur et va le déguster dans l'arbre qui nous surplombe.

Nous avons beaucoup ri de leurs facéties…

[illustration] Aquarelle montrant une femme en robe donnant à manger à un macaque assis sur un rocher, avec une petite photo en bas à gauche montrant la scène réelle.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 34

« En voiture ! il faut repartir, nous avons encore du chemin et la route est tortueuse ! ».

Nous sentons bientôt l'odeur résineuse des pins maritimes et le parfum iodé de la méditerranée. La mer n'est plus très loin !

Au détour d'un virage, un bleu profond se déploie entre les arbres… nous arrivons !

[illustration] Page essentiellement écrite, encadrée d'un lavis bleu-gris sur les bords, avec deux petites pierres / galets peints dans le coin inférieur droit.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 35

(page sans texte manuscrit)

[illustration] Aquarelle en camaïeu de bleus représentant un paysage côtier méditerranéen avec pins, rochers, oiseaux volant au-dessus de l'eau, signée « JM » et ornée d'un autocollant étoile de mer rouge.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 36

Nous fonçons dans nos chambres d'hôtel pour nous changer ; et sans plus attendre nous nous précipitons à la plage dans l'eau tiède qui passe du mauve au pourpre au soleil couchant.

Nos ébats sont interminables !

Finalement nous rentrons avec un goût délicieux de sel dans la bouche…

[illustration] Page décorée d'autocollants représentant des oursins bleus, des tongs et des étoiles de mer rouges / orangées évoquant une baignade au coucher du soleil.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 37

(page sans texte manuscrit)

[illustration] Aquarelle d'un coucher de soleil sur la mer avec la silhouette sombre d'un palmier à droite, signée « JM ».

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 38

C'est au lever du jour que nous partons à la découverte de Tipasa : fondation d'abord phénicienne, puis punique · la légende veut qu'en ce sublime site, leurs Dieux terribles dévoraient les enfants ! · ce n'est pas croyable !

Enfin, les romains s'y installèrent et c'est un fabuleux spectacle : une forêt de colonnes sur le fond bleu azur, s'offre à nos yeux émerveillés…

[illustration] Page encadrée d'un motif décoratif vert (frise géométrique), avec trois pièces de monnaie romaines anciennes photographiées en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 39

(page sans texte manuscrit)

[illustration] Aquarelle représentant une allée de colonnes de pierre en ruine (site archéologique) bordée d'oliviers, avec la mer et des collines en arrière-plan.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 40

Peu à peu, nous découvrons les thermes, le théâtre, la nymphée (fontaine monumentale) dans une garrigue de genêts blancs, de lentisques odorants et toujours la mer de tous côtés.

[illustration] Deux photographies de ruines romaines (arcades avec un arbre, et une structure pyramidale / mausolée en pierre) à côté du texte manuscrit, avec un motif spiralé décoratif en bas à droite.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 41

C'est là qu'Albert Camus entouré de tous ces éléments : rocher, ciel, mer, végétation lumineuse, se laissait submerger de pensées inspirées. Il y écrivit son œuvre la plus heureuse de sa vie : « Noces. »

« Au printemps Tipasa est habitée par les Dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres… » (extrait de Noces)

[illustration] Portrait au crayon / encre d'Albert Camus, cigarette à la bouche, avec une petite photo de lui en médaillon en bas à droite.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 42

C'est les yeux, le nez, les oreilles, tous nos sens rassasiés de tant de beauté, la tête bourdonnante, que nous reprendrions le chemin du retour.

[illustration] Dessin d'une jarre en terre cuite devant un grand cercle aquarellé doré, texte disposé en arc de cercle à l'intérieur du cercle.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 43

(page sans texte manuscrit)

[illustration] Aquarelle sans texte représentant un site de ruines antiques (colonnes et vestiges) avec une grande jarre en terre cuite au premier plan, sous un ciel orangé.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 44

De retour à Diderot, c'est l'effervescence ! le grand branle-bas de combat !

Les renards ou les chacals ont attaqué les volailles et fait un carnage !

Grand-père prend son fusil et surtout ses sloughis : imbattables pour attraper ces carnassiers ! La vitesse et la précision de ces lévriers sont fulgurantes et les prédateurs ne leur échappent pas !

[illustration] Aquarelle d'un sloughi (lévrier) beige et blanc ; la page est bordée de petites empreintes de pattes dorées.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 45

Notre plus jeune oncle, Henri, nous construit des caricos avec de vieilles planches et des roulements à billes.

Avec les caricos, nous dévalons à toute bringue la descente de la ferme avec pour seul frein, les talons de nos chaussures…

[illustration] Croquis aquarellé d'un chariot à roulements à billes (« le carico ») avec des roues figurées par des ronds dorés, empreintes de pas en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 46

Les cousins ont « piqué » la jeep de notre oncle Henri « l'inventeur » : (qui déposera quelques années plus tard de nombreux brevets d'inventions.)

[illustration] Photo noir et blanc de plusieurs enfants / cousins juchés sur une jeep ; en dessous, une forme aquarellée évoquant une feuille ou une aile déchirée.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 47

Jacques et Louis arrivent à peine aux pédales !

Ils s'installent au volant de la jeep et tous les cousins et cousines s'embarquent confiants et surtout inconscients du danger…

Nous roulions à travers les chaumes ravis en chantant à tue-tête ! Mais comment s'arrête-t-on ?

La meule de paille va nous sauver !…

Il n'y a qu'à foncer dedans !

Or c'est là que l'épopée se termine ! Ouf !

[illustration] Bas de page décoré de tampons circulaires colorés (cercles concentriques) évoquant des traces de roues, sur fond de papier taché.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 48

Le caïd (chef administratif et judiciaire) du canton, fait une grande « Nouba » pour la Khotba (fiançailles) de sa fille aînée.

Bien sûr il nous a tous invités.

Au loin, nous entendions les « youyou » joyeux des femmes et le son sacré de la derbouka.

Puis, monte à nos narines le délicieux fumet de l'agneau et des melfoufs qui grillent.

(légende photo) « notre très vénéré oncle Louis »

[illustration] Photo noir et blanc de deux hommes en tenue traditionnelle (djellaba) ; en dessous, un billet de banque de cent francs ; à droite, bandes aquarellées rouges décoratives.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 49

Nous arrivons. La remise des cadeaux a commencé : d'abord les parents du fiancé très chargés d'une nombreuse variété de gâteaux : au miel et à la semoule, aux dattes, aux amandes et des cornes de gazelle à la fleur d'oranger.

Tous déposent sur un tapis, une multitude de présents : poufs, couvertures, étoffes… et aussi des offrandes de billets de banque dans un grand plateau de cuivre rouge finement ciselé.

[illustration] Aquarelle d'une scène intérieure : une femme en tenue traditionnelle blanche dépose des étoffes colorées sur une table chargée de cadeaux, poteries et pâtisseries, devant une arche.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 50

Des hommes s'affairent autour du méchoui qu'ils tournent lentement au-dessus des braises tout en le badigeonnant de graisse et d'herbes odorantes !

Ils ont préféré les osselets (petits os du mouton). Yosra et Yasmina nous apprennent à jouer avec, en les lançant avec leurs petites mains rouges badigeonnées de henné. Elles les rattrapent avec une grande agilité, rapides comme des ailes de papillon.

[illustration] Photo noir et blanc d'hommes réunis autour d'un méchoui en plein air sous un arbre ; à gauche, petite aquarelle d'une scène nocturne avec lanterne et charrette ; bas de page décoré d'empreintes de mains ocre évoquant le henné.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 51

Les garçons, eux, sont occupés à se fabriquer des « stacs » (ou tire-boulettes) avec des branches d'olivier en forme de fourches et des lanières découpées dans de vieilles chambres à air de vélo en guise d'élastique. Ils se « planquent » dans les arbrisseaux, pour tirer dans les fesses des invités avec des petites boulettes de papier mâché !

[illustration] Aquarelle d'un vieil olivier noueux, avec en haut à droite le croquis d'un lance-pierre (« stac ») fabriqué à partir d'une branche fourchue, et une bordure décorative à motifs de feuillage sur le bord droit.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 52

Grand-père nous impressionne beaucoup. Il ne craint rien, ni personne.

Avec un grand calme il prend les grandes couleuvres, les pose même autour de son cou pour aller les installer dans les combles des bâtisses, afin qu'elles les débarrassent des souris qu'elles gobent goulûment.

[illustration] Photographie d'une main tenant une couleuvre, avec en bas de page un motif décoratif peint de vagues bleu-vert.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 53

Tout au fond du parc, il a installé aussi, dans la carcasse d'une vieille voiture, des furets qu'il amène à la chasse pour débusquer les lièvres dans leurs terriers.

[illustration] Trois aquarelles de furets dans des poses différentes, avec une frise d'empreintes de pattes peintes en bas de page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 54

Grand-père parle très peu et nous lui témoignons beaucoup de respect.

Le soir à l'heure du coucher, il installe son matelas sur la grande table de la terrasse et dort là, sous les étoiles à la fraîcheur de la nuit, écoutant les grillons et respirant le parfum enivrant des Belles de nuit…

[illustration] Aquarelle nocturne représentant une grande étoile jaune sur fond de ciel bleu nuit, encadrée de fleurs blanches de « Belle de nuit » ; texte disposé en éventail / arc autour de la scène.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 55

La traversée du Sahara d'immenses vols de Gangas, inquiète beaucoup nos parents. Ces oiseaux grégaires arrivent en masse pour s'abattre sur les cultures de lentilles et causent des dégâts irréversibles !

Mon père, qui aime l'aventure, suggère que nous partions tous dans le Sersou à leur rencontre.

Tous : famille, voisins, amis prennent leurs fourgonnettes ou familiales et, en route, sur les pistes du Sud, les adultes avec leur fusil, les jeunes avec leur carabine.

[illustration] Aquarelles de gousses / graines éparpillées sur la page.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 56

Tous : famille, voisins et amis avec fourgonnettes ou familiales partent sur les pistes du Sud.

C'est stupéfiant ! il n'y a pas des dizaines ! A la nuit tombée, nous rentrons. Au retour, finies les réjouissances : tout le monde s'activera pour faire de…

[illustration] Photographie ancienne légendée « Paul, Cobis et Lou… » montrant une scène de chasse ; dessin d'un oiseau légendé « Ganga du Sersou » ; aquarelle de collines désertiques (« pistes du Sud ») ; frise de silhouettes d'oiseaux en vol.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 57

Bientôt le ciel et le soleil sont complètement obscurcis par le vol lourd de ces innombrables gros volatiles dans un chahut indescriptible.

… pas besoin de viser ! en tirant en l'air, il en tombe… rentrons, les fourgonnettes remplies à ras bord de ces gros [oiseaux]… nous n'échapperons pas à la corvée de l'éplumage… confits en bocaux. Il y en aura pour tout l'hiver !

[illustration] Aquarelle d'un vol dense d'oiseaux (gangas) obscurcissant le ciel au-dessus d'un champ, avec une petite frise de silhouettes d'oiseaux en vol sous le cadre.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 58

Aujourd'hui nous allons [dans les plantations] d'arbres fruitiers d'un cousin : Léopold, près du « fleuve » Tiguiguest. C'est un oued qui a un débit important et qui permet l'irrigation des amandiers, pommiers, figuiers, agrumes et…

[illustration] Aquarelle d'un arbre fruitier chargé de fruits orangés, au bord d'un cours d'eau, encadrée d'une bordure décorative bleu-vert ponctuée de pois orange.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 59

…d'abricotiers !

[illustration] Aquarelle d'arbres fruitiers (figuiers / agrumes) en pleine terre près d'un oued, avec bordure décorative bleu-vert ponctuée de pois orange.

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Les Jours Bonheur de Santraka, page 60

Munis de grands paniers en alpha le ramassage des fruits est un jeu !

Nous en profitons pour nous bombarder avec les fruits trop mûrs. Mais gare aux serpents et scorpions qui cherchent la fraîcheur sous les arbres !

Après, nous nous tremperons dans la rivière pour nous dépoussiérer…

[illustration] Page de texte manuscrit sur fond blanc uni, sans illustration peinte (bordures décoratives dorées en haut et en bas de page).

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Munis de grands paniers en alpha, le ramassage des abricots est un jeu !

[illustration] Collage / dessin d'un panier d'osier rempli de fruits (citrons et pêches / abricots) sur fond vert, décoré de feuilles de ginkgo blanches et d'un râteau stylisé.

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Ah ! La confiture d'abricots de Méandréa !

Elle cuit à gros bouillons dans d'énormes chaudrons de cuivre.

Et ces délicieuses odeurs sont encore dans mes narines !

C'est sûr nous en aurons pour toute l'année !…

récit et illustrations d'Anne Marie PRADEL-JORRO

épreuve : 8/27

[illustration] Dessin stylisé d'un grand chaudron de cuivre rempli de confiture d'abricots, sur fond jaune ; page de clôture du carnet portant la mention finale et la signature de l'auteure.