Jean Pradel est le petit-fils de Jacques II et le fils de Jacques III : Jacques I (Jean-Jacques Pradel, le fondateur), Jacques II, Jacques III, puis Jean. Dernier-né de sa famille, il n'a connu aucun de ses grands-parents : il avait deux ans à la mort de son grand-père paternel, Jacques II, le dernier survivant d'entre eux. C'est de son vivant, plusieurs années avant la cousinade d'Ambialet de mai 2024, qu'il a mis par écrit, pour ses enfants et petits-enfants, ce qu'il croyait savoir de l'histoire familiale, avant de découvrir, actes à l'appui, que beaucoup de ce qu'on lui avait raconté était faux. C'est ce texte, écrit de longue date, que la famille a choisi d'intégrer tel quel au grand album collectif réuni pour la cousinade. Jean Pradel est décédé le 9 octobre 2019. Son récit est reproduit ici en grande partie : c'est une source à part entière, avec ses propres corrections, sa propre voix, et son propre regard sur un siècle de la famille. → Lire le texte intégral, pour qui veut le lire en entier et sans commentaire.
« Tout cela est certainement faux »
« Vous me l'avez tellement demandé que je me décide enfin à essayer de raconter ce que je pensais connaître de l'histoire de notre famille. J'ai ainsi réalisé que mes connaissances étaient non seulement limitées, mais, à ma grande stupéfaction, souvent erronées. » Jean Pradel
Jean Pradel raconte avoir longtemps cru que Jacques I (Jean-Jacques Pradel) avait quitté la France en 1848, à cause de la révolution de cette année-là : la légende familiale voulait qu'il ait « tabassé un gendarme » et dû choisir entre la prison et l'exil. « Cet aïeul quarante-huitard me plaisait assez », écrit-il. Mais la consultation des actes d'état civil, le mariage de Jacques I et les naissances de ses trois fils, rend cette histoire intenable : Louis I naît en 1848 à Ambialet, Philippe I en 1852, toujours dans le Tarn. Le départ ne peut donc pas dater de cette année-là.
La véritable cause, retrouvée par Louis III et son épouse Gaby lors d'un voyage à Ambialet où ils rencontrèrent le curé du village, est plus prosaïque et plus dure : « il était convaincu que les terribles gelées survenues en 1856 avaient complètement ruiné les agriculteurs, et c'est bien la misère qui les convainquit de tenter l'aventure en acceptant les lots de colonisation offerts par le gouvernement en Algérie. »
Le voyage, raconté par celui qui l'a entendu raconter
Jean Pradel tenait le récit du grand départ de ses parents et de ses oncles et tantes, qui le tenaient eux-mêmes des premiers émigrants. Sa version, transmise oralement sur trois générations, recoupe pour l'essentiel celle que les actes permettent aujourd'hui de dater plus précisément : la roue cassée, les deux chevaux vendus l'un après l'autre, la famille poussant elle-même le chariot au débarquement.
« D'après Michelin, il faut compter 5 heures de route aujourd'hui pour parcourir les 350 km qui séparent Ambialet de Marseille par le chemin le plus court. Il fallut plus d'un mois à Jacques pour le faire (…) Heureusement, l'armée prit en charge les futurs colons à leur arrivée. Elle leur donna deux chevaux et les conduisit sur le lieu de la concession qui leur était allouée, 4 ou 5 hectares de terre inculte, quelque part entre Mostaganem et Relizane. Je ne sais pratiquement rien sur ce qu'a été la vie de la famille en ce lieu, mais la lecture des livres traitant de la vie des arrivants à cette époque fait penser qu'elle dut être épouvantable. » Jean Pradel
Il replace ce départ dans le grand mouvement de colonisation officielle des années 1848 et 1871, citant l'historien Charles-André Julien et le général Du Barail, et rapporte, à travers les mots de Maupassant, la détresse d'une colonne d'Alsaciens-Lorrains installés vingt ans plus tard dans les mêmes conditions : « De la cendre, Monsieur, de la cendre brûlée. Il n'y vient pas un chou, pas un chou, pas un chou ! » Voir le chapitre L'arrivée en Algérie pour la chronologie précise, établie depuis à partir des registres de concession.
Les sauterelles, la famine, et le départ pour Tiaret
La concession initiale, quelques hectares de terre inculte entre Mostaganem et Relizane, ne nourrit pas la famille. Jacques I se fait roulier entre Mostaganem, Relizane et Tiaret pour faire vivre les siens, et c'est au fil de ces trajets qu'il découvre les Hauts Plateaux du Ouarsenis, à près de mille mètres d'altitude, au climat « très chaud l'été, très froid et souvent enneigé l'hiver, mais toujours sec et sain ». En 1858, après trois ans de résidence, il obtient une première concession de onze hectares et demi, tout en sable et broussailles. Mais 1867 apporte son lot de sauterelles, et avec elles la famine qui frappe toute l'Algérie ces années-là. C'est alors que la famille se met en route pour Tiaret, dans une charrette à bœufs.
« Ce ne fut pas une partie de plaisir et deux des enfants nés en Algérie moururent au cours du voyage. Ils furent enterrés sur place, l'un à Zemmora, l'autre à Guertoufa, entre Relizane et Tiaret. » Jean Pradel
Cette phrase, transmise oralement sur cent cinquante ans, confirme depuis l'intérieur de la famille ce que la recherche dans les registres matricules avait seulement pu déduire par l'absence : que la fratrie comptait bien neuf enfants, et que deux d'entre eux sont morts en chemin vers Tiaret, vers 1867-1868, l'un à Zemmora, l'autre à Guertoufa. Aucune archive n'avait jusqu'ici permis de dater cet épisode ni d'en connaître le lieu ; le texte de Jean Pradel est, à ce jour, la seule source qui le fasse. Voir Les neuf enfants pour le détail de cette enquête.
Jacques I fonde alors ce qui deviendra le plus grand domaine familial, Temda, dans une région déboisée et aride où seule la méthode du « dry farming », importée du Far West américain par l'institut de recherche agronomique d'Algérie, permet de cultiver : semer la moitié des terres, garder l'autre en jachère, labourer plusieurs fois pour retenir l'eau des pluies rares. Un premier défrichage demande quatre années de travail acharné avant les premières semences. En 1871, lors de troubles dans la région, Jacques I échappe de peu à la mort : il fait partie de l'avant-garde d'un convoi escorté entre Relizane et Tiaret, attaquée par surprise ; envoyé prévenir le gros de la troupe, il ne doit la vie qu'à la vitesse de son cheval. L'avant-garde tout entière est massacrée.
La mort de Jean-Jacques Pradel, mordu par un chien enragé
Le texte de Jean Pradel rapporte, sans détour, la fin du fondateur de la famille : « Mordu par un chien enragé, il se savait perdu et, dès les premiers symptômes de la maladie, il rendit une dernière visite à toute sa famille et ses amis avant de se rendre à l'hôpital de Tiaret pour y subir le traitement habituel réservé à cette maladie : mourir étouffé, attaché entre deux matelas. » La version manuscrite de Jean Pradel attribue cet épisode à « Jacques II » ; mais la version reformatée du même texte dans l'album de 2024 le date précisément du 3 novembre 1873, et cette date correspond exactement à celle, déjà connue par ailleurs, de la mort de Jean-Jacques Pradel, le fondateur : « décédé audit Tiaret le 3 novembre 1873 », selon l'acte de mariage de son fils Louis I en 1875. Jacques II, lui, mourra bien plus tard, en 1923 à Alger, comme le racontent les journaux de l'époque : voir Sources. Les deux versions du texte se contredisent donc sur un point, et c'est la datation, recoupée par l'acte officiel, qui permet de trancher : c'est Jean-Jacques Pradel lui-même, le fondateur de la smala, qui meurt de la rage le 3 novembre 1873, douze ans avant que Louis Pasteur ne mette au point le premier vaccin, administré pour la première fois le 6 juillet 1885 à un petit garçon de neuf ans, Joseph Meister. Cet épisode, resté jusqu'ici une énigme totale de la recherche, faute d'archive disponible pour les années 1866-1875, trouve ici sa seule explication connue.
Bâtir Temda
Jacques II épouse Catherine Candie Malaval le 12 février 1874 à Tiaret ; il a vingt-huit ans, elle dix-huit. Les Malaval, originaires de Milhac dans l'Aveyron, avaient eux-mêmes quitté la France fin 1862, perdant en route deux enfants : Henri, mort à Milhac en octobre 1862, et Rosalie, neuf ans, morte de dysenterie dans un hôpital militaire de Relizane en octobre 1863. Entre 1870 et 1913, Jacques II multiplie les petits achats de terres, rarement plus de quelques hectares à la fois, qui formeront peu à peu le domaine de Temda. Candie meurt le 20 septembre 1916 ; ne pouvant vivre seul, Jacques II prend une gouvernante pour tenir son ménage, mais leur liaison fait scandale à Tiaret, et il part refaire sa vie à Alger, où il meurt après 1919. C'est en 1919, à soixante-cinq ans, qu'il fait donation-partage de ses biens à ses quatre enfants survivants : Jacques III (le père de Jean Pradel), Julie, Pierre dit Ferdinand, et Marcel.
Le 14 juin 1902, à l'église de Trézel, Jacques III épouse Rosalie Reynouard, une jeune fille de la région remarquée par Jacques II lui-même pour son intelligence et son instruction, rares chez les femmes de ce temps et de ce lieu. Le jeune couple s'installe d'abord à la ferme de Zarorah, dans la banlieue sud-ouest de Tiaret, louée par Jacques II : un logis modeste, un champ de cailloux qu'il faut trois ans pour rendre productif, mais dont Jean Pradel dit que ses parents « en gardaient un très bon souvenir ». En 1907, la maison familiale de Tiaret achevée, ils s'y installent : tous leurs enfants y naîtront, sauf l'aînée Suzanne, née le 18 août 1906 à Tiaret même. Suivent Jacques IV le 24 septembre 1908, Georges en 1911, mort en quelques mois sans maladie apparente, et Paule Candie le 18 mars 1912, dont la mort à treize mois, d'une intoxication alimentaire après que sa nourrice lui eut donné, contre l'avis formel de sa mère, de la crème glacée artisanale, resta pour Rosalie une épreuve dont elle ne se consola jamais. Marie naît le 24 septembre 1914 ; son père est déjà parti pour le front.
Mais la véritable extension du domaine, Jean Pradel la doit au récit de sa propre mère, restée seule à gérer les fermes pendant que son mari était mobilisé de 1914 à 1918.
« Pendant la guerre de 14-18, j'ai reçu la visite d'un représentant du gouvernement me disant que la France manquait de blé, qu'il fallait à tout prix augmenter notre production. Pour cela, des prêts à taux zéro nous étaient consentis. J'en ai profité pour acheter des terres, et à la fin de la guerre, ton père et moi avions doublé l'étendue de nos propriétés. » La mère de Jean Pradel, citée dans son récit
Deux fois par mois, elle parcourait les fermes en voiture à cheval pour payer les ouvriers en liquide, seule femme donnant des ordres à des ouvriers peu enclins à lui obéir. L'automobile familiale, une Chenard et Walcker réquisitionnée par l'armée dès le début de la guerre mais restée au garage faute de chauffeur disponible, ne bougea pas de la maison pendant tout le conflit. Jean Pradel raconte une nuit où elle dut échanger, pour le chef d'un chantier de trente ouvriers marocains en fin de contrat, une importante somme en petites coupures, avant de comprendre, une fois seule à la ferme pour la nuit, que cet homme savait exactement combien d'argent liquide elle gardait encore sur elle : « Terrifiée à l'idée qu'il ne revienne l'attaquer pour s'emparer du magot, elle aurait passé une nuit blanche sans sa foi profonde : elle se mit à réciter ses prières et quand elle arriva à "je vous salue, Marie", l'endormit. »
Le tribut payé par la famille à cette guerre est nommé sans détour : « Félicien, un frère de mon père, en 1915 ; Louis Reynouard, un frère de ma mère, dont le jumeau Charles fut tué en action près de Verdun ; et Antoine Seiller, l'un de nos meilleurs amis, en 1917. » Malgré la guerre, deux nouveaux enfants naissent : Albert le 23 décembre 1916, puis Edmée. Faute d'écoles secondaires à Tiaret, où le primaire ne mène qu'au certificat d'études vers huit ans, les enfants sont mis en pension, à Oran, à Alger ou en France : Jacques IV au collège dominicain de Sorèze, dans le Tarn natal, de 1920 à 1927. Pour limiter ces séparations, la famille achète après la guerre une grande maison à Alger, « la maison du boulevard Bon Accueil », qu'elle occupe jusqu'en 1925 pendant l'année scolaire, revenant chaque été à Tiaret pour la période des moissons. C'est ainsi, de passage à Tiaret un mois d'août, que naît Jean Pradel lui-même, le 21 août 1921 : « j'arrivai un peu comme un cheveu sur la soupe. »
1920 : l'abondance du blé
Au sortir de la guerre, les affaires de Jacques III et Rosalie prospèrent. Mille cinq cents hectares de blé sont ensemencés chaque année à Temda, avec un rendement rarement inférieur à douze quintaux à l'hectare, et jusqu'à seize ou dix-huit dans les bonnes années : une denrée rare, qui se vend alors facilement et à bon prix. C'est aussi en 1919 que Jacques II, à soixante-cinq ans, fait donation-partage de son domaine, et Jacques III, comme ses cohéritiers, ne l'avait pas attendue pour se constituer une propriété en propre.
1930 : l'état des lieux d'une réussite
Jean Pradel dresse, avec une précision d'inventaire, le portrait du domaine bâti par son père au sortir de la guerre : trois fermes à Temda couvrant plus de 2000 hectares d'un seul tenant, la ferme de l'Aïn Beida près de Palat (380 hectares, dont une cinquantaine irrigables grâce à une source, achetée en 1924), une ferme à Trézel, la petite propriété aride de Bouguerba dans le Djebel Nador (400 hectares), une ferme partagée avec le Caïd Slimane à Djilali ben Amar, et les maisons de Tiaret. Dans les années 1930, le domaine comptait plus de 250 chevaux, dont une cinquantaine de poulinières à Temda I, un cheptel de moutons et de porcs, des tracteurs et des moissonneuses-batteuses.
« Il fallait voir ces bêtes puissantes, écumant de sueur, en plein effort malgré la chaleur de l'été, réagissant à la voix dès que leur ardeur faiblissait. De retour à l'écurie, après s'être longuement abreuvées, elles léchaient les grosses boules de sel disposées dans leurs mangeoires. » Jean Pradel, sur les chevaux de labour de Temda
Il se souvient, enfant, du spectacle de la batteuse reliée par une longue courroie à une locomobile alimentée par la paille des épis battus, et du puits de Temda I, plus généreux que les autres, où une noria tirée par un âne permettait d'arroser un petit jardin planté d'eucalyptus, lieu du rassemblement familial du lundi de Pâques, « le jour de la mouna ». C'est aussi à cette réussite que se rattache l'engagement civique de Jacques III : associé dès 1903 à la caisse locale de crédit mutuel agricole créée par Léon Langlois, il en devient le président en 1928, à la tête de la CRCAM (caisse régionale de crédit agricole mutuel), puis fonde en 1929 la société d'intérêt collectif agricole de Tiaret, qui fera installer le réseau à haute tension électrifiant toute la région.
La crise de 1929, et l'entracte algérois
Dès 1926, les premiers signes de la crise de 1929 apparaissent : le prix du blé baisse, l'entretien du domaine devient ruineux, et les dettes contractées pour cautionner plusieurs oncles s'accumulent. C'est Armand, l'un des fils, qui convainc ses parents, chiffres à l'appui, de revendre la maison d'Alger au plus vite : la vente a lieu dès 1927. La famille loue d'abord un appartement près du cours Fénelon, où deux des filles poursuivent leurs études, mais l'interlude est court : dès la fin de l'année, Rosalie regagne Tiaret avec le jeune Jean, laissant les aînés en pension à Alger ou à Sorèze. Les années qui suivent sont difficiles : le blé ne se vend pas, ou à si bas prix qu'il vaut mieux le stocker en attendant des jours meilleurs, et la table familiale se limite alors aux produits des fermes, complétés par la chasse, cailles, perdreaux, lièvres et parfois ortolans.
L'aéroclub de Tiaret
Les années 1930 ramènent une forme d'aisance, et avec elle une passion nouvelle. En 1931, Suzanne, Armand et Jacques IV obtiennent leur brevet de pilote d'aviation civile ; l'année suivante, Jacques III leur offre un petit avion à deux places baptisé « le Foufoune », en écho au surnom de sa fille Madeleine. Faute de terrain d'aviation à Tiaret, l'appareil est basé sur l'aire à battre de la ferme de Temda. Il faudra l'inconscience de jeunes pilotes pour en faire une piste d'atterrissage, mais le premier atterrissage, toute la famille descendue à Temda pour l'occasion, se passe sans encombre, et chacun a droit à son baptême de l'air. Jacques III, ravi, contemple pour la première fois du ciel l'étendue de son domaine. Le Foufoune finira sa carrière dans une haie d'épineux, un jour de vent contraire, sans dommage pour son pilote mais le train d'atterrissage en miettes : un accident qui contribue à la création, en 1933, de l'aéroclub de Tiaret, présidé par Armand. En 1934, Suzanne, Armand et Jacques IV s'envolent pour une expédition de trois jours au Maroc, avec pour mission de convaincre le général Vuillemin, qui venait d'achever sa traversée de 30 000 kilomètres à travers l'Afrique, de devenir le parrain de l'aéroclub et de venir en personne l'inaugurer à Tiaret. Il accepte.
C'est en 1932 qu'un autre événement rapproche les deux branches de la famille : Jacques IV épouse, le 29 septembre 1932 à Tiaret, sa cousine Simone, fille de Louis II et d'Andréa Mage, bâtisseurs du domaine de Diderot. Le couple s'installe dans la maison voisine récemment acquise par Jacques III et Rosalie ; leur fille aînée, Michelle, née le 17 juillet 1933, meurt de la diphtérie le 30 novembre 1937, à quatre ans : un deuil dont, selon Jean Pradel, ses parents ne purent supporter de continuer à vivre dans la maison où elle était née. Jacques III et Rosalie leur cèdent alors leur propre maison et reprennent l'ancienne. D'autres enfants suivent : une nouvelle Michelle, Jacques V, Pierre et Jean-Luc.
Les dimanches, et le jour du couscous
Jean Pradel garde de son enfance à Tiaret le souvenir précis des repas dominicaux, copieux et bruyants, où toute la famille se retrouvait sans exception possible, et surtout celui du jour du couscous, préparé chaque fois avec la même minutie : le blé dur moulu la veille pour la fraîcheur de la semoule, sa mère à l'ouvrage dès six heures du matin pour rouler le grain dans le grand kesra, lui-même se précipitant à la cuisine dès le réveil pour ne rien manquer des opérations, jusqu'aux keskes fumants et à l'énorme faitout où mijotaient viandes et légumes. « C'est ainsi que je suis devenu, en toute modestie, le meilleur cuisinier en matière de couscous que je connaisse... »
Chronologie
Les dates connues de la vie de Jean Pradel et de son entourage immédiat, telles qu'elles ressortent de son récit et des actes conservés. La date de son décès n'a pas été retrouvée à ce jour ; si vous en avez connaissance, merci de nous la signaler.
- 21 août 1921 Naissance de Jean Pradel à Tiaret, exactement 108 ans après Jean-Jacques Pradel, jour pour jour.
- 1923 Mort à Alger de son grand-père paternel Jacques II, dernier de ses grands-parents encore en vie ; Jean a deux ans.
- 1927 Vente de la maison familiale d'Alger sous l'effet des premiers signes de la crise ; retour de Rosalie et du jeune Jean à Tiaret.
- Années 1930 Enfance à Tiaret, domaine de Temda en pleine activité ; création de l'aéroclub de Tiaret en 1933.
- Septembre 1939 Fin volontaire du récit, à la déclaration de la Seconde Guerre mondiale : « quel titre lui donner ? ».
- Avant la cousinade de mai 2024 Mise par écrit de son récit familial, à destination de ses enfants et petits-enfants.
- 9 octobre 2019 Décès de Jean Pradel à l'âge de 98 ans, avant la publication de l'album collectif de la cousinade de mai 2024.
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Sources : « Texte de Jean Pradel » et sa version reformatée « Saison 1, la saga Pradel », épisodes 1 à 7, in La Smala Pradel, album de la cousinade d'Ambialet, mai 2024 ; acte de mariage de Louis I et Anna Maria Mounier, Aïn-Tédelès, 16 novembre 1875 (ANOM), pour la date de décès de Jean-Jacques Pradel ; presse algérienne, 1921-1923, pour la date de décès de Jacques II. Détail complet dans Sources.